Parole d'expert : Guillaume Chazouillères, chef de rubrique immobilier de Capital.fr

Guillaume Chazouillères, chef de rubrique immobilier de Capital.fr répond à nos questions : 

Après une année 2017 exceptionnelle, comment évolue le marché de l’immobilier en ce début d’année ?

"La conjoncture reste favorable aux acheteurs qui profitent de taux toujours extrêmement bas. En février, le taux moyen des crédits immobiliers s’est ainsi établi à 1,47%, en baisse par rapport à la fin d’année dernière, selon l’Observatoire du Crédit Logement.

Toutefois, comme le montre le dernier dossier de Capital, les marchés locaux évoluent désormais de manière très contrastée. Dans certaines grandes agglomérations, comme Paris, Bordeaux, Nice, le marché reste particulièrement dynamique et les prix grimpent toujours. Le mètre carré pourrait même bientôt atteindre 10.000 euros en moyenne dans la capitale. En revanche, dans d’autres villes comme Toulouse ou Lyon, l’heure est désormais à l’accalmie. A Strasbourg , la baisse de la demande pourrait faire fléchir les prix cette année".

Où se situent les meilleures opportunités pour les acheteurs et les investisseurs ?

"Parlons d’abord du Grand Paris. Même si le calendrier du supermétro censé optimiser les liaisons entre la capitale et le reste de Ile-de-France a été retardé, les acheteurs qui misent dès aujourd’hui sur les tronçons les plus avancés (ligne 15 sud, ligne 14 nord) vont sans aucun doute réalisé de belles plus-values dans les années à venir.

Dans des villes de proches banlieues, comme Villejuif, Saint-Denis ou dans secteur bas de Montreuil…, le rattrapage des prix ne fait en effet que commencer. Actuellement, il faut, par exemple compter 250.000 euros pour mettre la main sur un deux-pièces neuf en Pinel, à Saint-Denis, servant 3,6% de rendement. En outre, comme nous le rappelons dans le dossier immobilier de Capital actuellement en kiosques, certaines initiatives locales se révèlent aussi très intéressantes pour les acheteurs. Actuellement, la mairie de Toulouse propose, par exemple, un PTZ de 10.000 euros pour favoriser l’accession dans le neuf dans 12 quartiers prioritaires. La commune de Lille, a aussi mis en place de nombreux coups de pouce pour favoriser le premier achat".

Quels sont les acheteurs les plus pénalisés par les premiers arbitrages du gouvernement ?

"Le gouvernement a clairement fait le choix de privilégier les acheteurs situées en zones tendues, comprenez dans les grandes agglomérations souffrant d’une pénurie de logements. Ces derniers vont continuer à profiter à plein du dispositif Pinel et du PTZ lié à l’achat de logement neuf. A l’inverse, les acheteurs vivant dans des villes de moins de 250.000 habitants ou à la campagne (zones B2 et C) sont les grands perdants. Dans ces zones, les primo-accédants qui envisageaient d’acheter dans le neuf vont non seulement perdre le bénéfice des APL accession - mécanisme qui permet de basculer les APL vers des mensualités de crédit -, mais aussi voir leur PTZ divisé de moitié.

Désormais, les investissements en Pinel sont très limités en zones B2 et C : seules les communes bénéficiant d’un agrément préfectoral permettent encore de bénéficier de ce dispositif fiscal, à condition de surcroît d’investir dans un programme dont le permis de construire a été déposé avant le 31 décembre 2017 et conclure l’opération avant fin 2018".

 

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